Lorsqu’un chantier doit toucher à des enrobés routiers anciens, la question n’est pas seulement de savoir comment les enlever, mais de comprendre ce qu’ils contiennent réellement. Certains enrobés fabriqués à partir de goudron peuvent renfermer des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), substances qui imposent des conditions particulières de manipulation et d’évacuation.
Le repérage commence souvent bien avant l’arrivée des engins : lecture des archives, observation de la texture, âge estimé de la couche, traces de réparations successives. Ce n’est qu’ensuite que le diagnostiqueur procède aux prélèvements, systématiquement envoyés en laboratoire, car seul un résultat analytique peut confirmer la présence ou l’absence de HAP. À ce stade, ALGITEP évalue l’épaisseur des couches, leur nature et l’étendue des zones à tester, car un enrobé n’est jamais homogène : certaines portions peuvent être issues de réfections ponctuelles, d’autres d’un revêtement d’origine.
Le rapport établi sert à organiser la suite du chantier : protection du personnel, choix de la filière d’évacuation, conditions de stockage temporaire, coût réel du traitement. Un enrobé contenant des HAP ne doit jamais être manipulé comme un matériau classique. À l’inverse, un repérage précis peut éviter des dépenses inutiles lorsqu’aucune teneur problématique n’est détectée. Ce diagnostic, centré sur la sécurité et la conformité, éclaire chaque décision avant la moindre intervention sur la voirie.